Comuniqués de Presse - Monoaxes Aventure

Rône FM - la radio local

 

Petite révolution pour l’agriculture de l’après-guerre, le monoaxe à l’honneur demain sur les hauts de Conthey - 28.05.2010 - 15h37

Ils seront une petite quinzaine a sortir leur « Bucher », « Aebi », « Rapid » et autre « Agria », demain, pour une concentration de monoaxes sur les hautes de Conthey, deuxième édition du genre. Les monoaxes, ce sont ces petits tracteurs à deux-roues, apparus à l’après-guerre et qui incarnent une véritable révolution pour l’agriculture de montagne.

« Un luxe lors de son apparition mais qui permettait de remplacer entre 6 et 10 hommes pour les travaux aux champs, sans parler des mulets qu’il fallait soigner toute l’année », précise Victor Sterchi, initiateur de la manifestation l’an passé déjà. Propriétaire de trois monoaxes, le Contheysan d’adoption a décidé de rempiler pour cette année après le succès de la « première » de 2009. « Il faut rendre hommage à ces engins qui, aujourd’hui encore, restent utiles… En plus, l’entretien est simple et peu onéreux puisqu’il s’agit de mécanique simple… », explique t’il. De fait, comme tout véhicule, ces tracteurs doivent étre immatriculés et assurés (87.- par an, précise Victor Sterchi).

Le départ est prévu demain à 9h30 de Daillon. Le défilé s’engagera sur les routes forestières et chemins muletiers jusqu’aux Mayens des Ombrins pour le repas.

Le Nouvelliste du 31.05.2010

 
Retranscription du texte de l'article:
Concentré de monoaxes
PASSION
Une quinzaine de propriétaires de monoaxes se sont donné rendez-vous samedi sur les hauts de Conthey. But du jeu? Comparer les engins et se délecter du bruit des moteurs.
Si on y pense, réunir des propriétaires de tracteurs (appelons ainsi les monoaxes) pour sillonner les chemins forestiers des Mayens de Chamoson a quelque chose d'un peu surréaliste. Mais quand on parle aux passionnés qui s'étaient donné rendez-vous samedi matin à Daillon, la situation ne semble pas le moins du monde absurde. L'homme qui a le premier eu l'envie de réunir des monoaxes pour une balade et un repas s'appelle Victor Sterchi. Dans le civil, il est le responsable de la publicité au journal «Le Confédéré».
Engin à moteur pour remplacer le mulet
Quand on lui demande si cet intérêt pour les monoaxes lui vient d'une enfance paysanne, il rigole et dit, avec l'accent qui va avec, qu'il vient de la ville de Berne. Son combat, c'est la réhabilitation du monoaxe, engin qui a vu le jour dans les années 50, et qui a remplacé le mulet dans les campagnes. «Quand je vois un beau monoaxe qui pourrit dans une guérite, je deviens à moitié fou» , assure-t-il. Alors il incite ses connaissances à faire comme lui: retaper leur monoaxe et le faire parader une fois l'an sur les hauts de Conthey, là où il a son mayen. Un mayen où les participants à la concentration se sont retrouvés pour l'apéritif.

En guise de chasse-neige
C'est ici que Victor Sterchi a eu besoin de son premier monoaxe.«Un hiver, j'avais besoin d'une lame pour la neige. Je ne voulais pas faire de grosse dépense et on m'a conseillé cet achat. J'étais étonné de voir que sur ce Rapid de 1965, en dix jours, j'ai pu obtenir une lame neuve». Dès lors, il se met à chercher partout des exemplaires de ces tracteurs. Lors de balades, il glisse un oeil dans les guérites laissées ouvertes puis il prend son bâton de pèlerin pour que son propriétaire en fasse quelque chose de joli. Et pourquoi pas, l'accompagner dans la sortie des monoaxes. «Il ne faut pas croire que cela coûte une fortune de retaper un monoaxe. Pour mon premier véhicule, j'y ai investi 750 francs, pneus et révision mécanique (avec l'aide de copains) compris».
Façon «west coast»
Seize monoaxes ont pris le départ de Daillon. Treize ont atteint l'arrivée. Trois d'entre eux sont tombés en panne en chemin. Qu'à cela ne tienne: on embarque sur un autre équipage et on reviendra réparer plus tard. Parmi les propriétaires, on trouve des passionnés de tous âges. Certains, comme Nicole et Ludovic, utilisent le leur dans leur élevage de lapins à Saillon. Guillaume, lui, l'a reçu en cadeau de mariage, l'an dernier, une semaine avant la concentration des monoaxes. Depuis, il l'a bichonné, façon «west coast ». Pub pour une bière américaine sur le côté, carrosserie noire, elle a un grand style et se fait remarquer, sa machine de 1962. Toutefois, bien qu'agriculteur, Guillaume n'emploie pas son monoaxe pour le travail: «Je dois en vivre, de l'agriculture. Un monoaxe, ça ne suffit pas de nos jours». Mais il se prend au jeu du rassemblement, Guillaume. Même sa tenue (t-shirt noir «chopper») est en accord avec son tracteur. Etre passionné n'exclut en rien le second degré.
Plus de renseignements: victor@rhonepub.ch - Tél. 078 781 63 17

Confédéré du 18.06.2010